29 novembre 2007

Depardieu ou la solidarité à géométrie variable


Il y a quelques semaines, Gérard Depardieu s’était fait un petit coup de pub en affichant publiquement son soutien aux « mal-logés » (en majorité des familles africaines) de la rue de la Banque dans le 2ème arrondissement de Paris. Comme ses amis Guy Bedos, Emmanuel Béart, Carole Bouquet etc…, Depardieu entendait ainsi pousser une petite gueulante médiatique afin de se faire passer pour un humaniste de gauche ayant la main sur le cœur.

Cela étant, la solidarité de Depardieu a tout de même quelques limites. Ainsi, Depardieu n’a pas invité ces familles dans son restaurant, restaurant qui plus est situé à quelque pas seulement de la rue de la Banque. Il est vrai qu’à 32 euros la Daurade royale grillée au basilic, cela aurait fait cher l’addition pour notre célèbre acteur si il avait voulu en offrir à toutes ces familles africaines.

Si Depardieu demande à ce que la société soit plus « solidaire » avec les « mal-logés » de la rue de la Banque (c'est-à-dire que le contribuable français crache encore plus d’argent), Depardieu en revanche est nettement moins progressiste et beaucoup plus conservateur lorsqu’il s’agit de son argent. Ainsi, celui-ci est une figure de proue de la lutte contre le piratage sur internet. En 2006 par exemple, il fut l’un des signataires d’une pétition contre la licence globale.

Enfin, pour en revenir au secteur culinaire, l’humaniste et solidaire Gérard Depardieu ne pourra pas s’occuper des « mal-logés » l’été prochain puisqu’il sera pour quelques jours chef de cuisine d’un luxueux restaurant à l’occasion du très sélect festival de Salzbourg en Autriche. A cette occasion, Depardieu devra composer un menu de plusieurs mets en compagnie de Roland Trettl, le Jöel Robuchon autrichien.

Au final, on peut donc dire que Gérard Depardieu est pour la solidarité…à condition que cela ne se fasse pas avec son argent.