03 septembre 2007

L’exemple de l’UDC


Peut-on partager des responsabilités gouvernementales tout en conservant son identité politique ? Peut-on faire partie plus ou moins du système tout en ayant un discours radical ? La réponse est oui, oui mais pas en France, il faut le préciser… Mais où alors ? Dans quel pays la droite nationale participe à un gouvernement tout en ne reniant pas ses fondamentaux idéologiques ? Je parle bien évidemment de la Suisse avec l’UDC de Christoph Blocher. Depuis bientôt quatre ans, l’UDC compte deux de ses membres au Conseil Fédéral (équivalent du gouvernement en France) avec Samuel Schmid et Christoph Blocher. Si Schmid a une marge de manœuvre restreinte, Blocher lui en revanche, a très clairement une politique nationaliste dans son département fédéral de la justice et de la police (en France cela pourrait ressembler à une fusion entre les ministères de l’Intérieur et de la Justice).

Parallèlement à sa participation gouvernementale, l’UDC en tant que parti politique ne s’est pas endormit sur ses lauriers et a conservé son identité originelle, mieux, il a radicalisé son discours vis-à-vis de l’immigration et de l’islamisation (il en va de même également pour toutes les questions touchant à la fiscalité et à la souveraineté helvétique).

Si il est vrai que la Suisse n’est pas contaminée comme la France en matière de lois « antiracistes », il faut tout de même reconnaître le courage de l’UDC concernant son discours. L’UDC d’aujourd’hui c’est un peu comme le FN du début des années 1980, les discours sont incisifs, percutants, sans aucune concession et surtout le message a une portée identitaire extrêmement forte.

Dans l‘optique des élections fédérales qui auront lieu le 21 octobre prochain, l’UDC a fait preuve d’une belle imagination pour ses campagnes d’affichage. Compte tenu du statut institutionnel helvétique, il existe à la fois une campagne d’affichage nationale puis, parallèlement, une campagne d’affichage propre à chaque canton. Dans le canton d’Argovie par exemple, l’UDC a mis avant ce message suivant : « Aarau ou Ankara ? Baden ou Bagdad ? ». Toujours vis-à-vis de l’islamisation mais cette fois-ci dans le canton de Valais, une affiche montre un groupe de musulmans entrain de prier devant…le Conseil fédéral. Pour se replonger quelques années en arrière, l’UDC avait mené une campagne (victorieuse) contre les naturalisations avec une affiche sur laquelle on pouvait voir un passeport suisse au nom d’Oussama Ben Laden…

Même si il faut tenir compte bien sûr des spécificités institutionnelles et juridiques, la droite nationale française se doit de prendre exemple sur ce qui se fait ailleurs en Europe et notamment en Suisse.