06 juin 2006

La victoire idéologique du Front National

Nous n’avons pas fini d’assister aux conséquences du 21 avril 2002 dans la classe politique française… Ceux qui pensaient que l’accession de Jean-Marie Le Pen au second tour de la Présidentielle en 2002 ne servirait à rien sont obligés aujourd’hui de reconnaître qu’ils ont eu tort.

Jean-Marie Le Pen n’est certes pas (encore) Président de la République, le FN certes n’a pas (encore) de responsabilités dans les exécutifs mais, malgré cela, le FN est entrain de remporter depuis quelques temps une autre victoire, et non la moindre : celle des idées !

Au tout début des années 1990, parler d’immigration c’était l’assurance de se faire traiter de « sale raciste » par l’intelligentsia gauchiste, une intelligentsia qui ne jurait que par la pensée universaliste sectaire. Dire que l’on était proche des idées du FN au début des années 1990 faisait de vous un « collabo nazi ». Mais les temps ont changé, les faits ont parlé et le mythe de la pensée unique est entrain petit à petit de s’écrouler. Le 21 avril 2002 a sonné le tocsin pour de nombreuses personnes, dorénavant certains sujets ne seront plus tabous et c’est tant mieux. Si le 21 avril 2002 est synonyme du début de la reconquista idéologique pour les nationaux, c’est aussi le signe du déclin pour les gauchistes (partis politique, associations immigrationiste, associations droits de l’hommiste ou bien encore « intellectuels » et autres « artistes »).

Preuve de cette reconquista idéologique : la plupart des politiciens du système copient le programme du Front National. Hier mis au ban de la classe politique, voilà qu’aujourd’hui le FN est pris pour modèle par cette même classe politique. Dans le passé déjà, plusieurs personnalités de la fausse droite comme Charles Pasqua ou Charles Millon reprenaient plusieurs idées du programme du FN. En 2006 c’est quasiment toute la classe politique qui court après les idées du FN (exceptés les néo-marxistes et les « fans » de Maastricht). Nicolas Sarkozy est le principal homme politique à faire du copier/coller sur le programme du FN. Mais attention, si Sarkozy copie bel et bien le programme du FN (surtout lorsque les élections approchent…) il ne l’applique en aucun cas dans le cadre de son action gouvernementale, pire, il applique un programme proche des idées nauséabondes de l’extrême-gauche immigrationiste.
Plus récemment, la socialiste Ségolène Royal a pris exemple sur le programme du FN en suggérant la mise sous tutelle des allocations familiales pour les familles à problèmes.
Cette lepénisation des esprits concerne également des hommes politiques de second plan puisque Philippe de Villiers aussi copie le FN au point même d’en utiliser les slogans.


Avec cette victoire idéologique (qui, il est vrai, n’est pas encore achevée), le FN se retrouve dans une situation assez proche de celle de la gauche socialo-marxiste dans les années 1970. En effet, le socialo-marxisme avec mai 1968 avait remporté pour de bon la bataille des idées mais sans pour autant remporter immédiatement la bataille des urnes. Ce n’est que le 10 mai 1981 que la gauche socialo-marxiste réussissait à transformer sa victoire idéologique en victoire électorale. Actuellement, c’est le FN qui est dans une situation identique : il est entrain de gagner la bataille idéologique sans pour autant s’imposer encore dans les urnes ; mais cela viendra tôt ou tard. Je ne sais pas si Jean-Marie Le Pen gagnera en 2007 l’élection Présidentielle ou si le FN remportera les élections Législatives, mais je suis sûr d’une chose : à un moment ou à un autre la victoire idéologique du Front National va se transformer en victoire électorale. Souhaitons néanmoins que cette victoire électorale arrive au plus vite…le 6 mai 2007 serait une belle date pour ce moment là non… ?